Nathalie Pignard-Cheynel

Nathalie Pignard-Cheynel est co-directrice du master Journalisme et Médias numériques de l’Université de Lorraine. Elle a accepté de revenir pour nous sur l’enseignement du « journalisme mobile » donné à ses étudiants de Master 2 cette année.

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Ancienne directrice de l’école de Journalisme de Grenoble, Nathalie Pignard-Cheynel est également enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication. Elle participe depuis 2010 à l’Observatoire du Webjournalisme (Obsweb) et s’intéresse particulièrement aux pratiques liées au numérique, aux réseaux sociaux en ligne, aux consommations d’information sur supports numériques, ainsi qu’aux usages liés au mobile pour la production, la diffusion et la consommation d’informations. Depuis 2014, elle a intégré à la maquette de cours de ses étudiants en master des cours de « journalisme mobile ». Pourquoi avoir fait ce choix ? Rencontre.

Pourquoi d’avoir décidé d’initier vos étudiants en journalisme aux supports mobiles ? 

Nous sommes dans un master intitulé « Journalisme et médias numériques » donc nous tenons beaucoup au côté « médias numériques », qui, pour nous, ne concerne pas uniquement le web mais inclut aussi d’autres supports, notamment les supports mobiles, comme le smartphone, la tablette, voir même les Google Glass pourquoi pas. Et donc nous, on tient à former nos étudiants à ces différents supports; médias; moyens de diffusion…

On fait le constat aujourd’hui que le mobile pèse de plus en plus lourd dans les pratiques médiatiques, pas forcément dans les rédactions mais plutôt dans les usages des mobinautes. On le voit dans les derniers chiffres de l’OJD d’octobre 2014, que, pour un certain nombre de médias, plus de la moitié de leurs visites proviennent des mobiles.

Le fait est, que dans les rédactions, on ne s’est pas encore forcément emparé de toutes les réflexions stratégiques, éditoriales, de la manière dont on va adapter des contenus aux mobiles. Mais pour nous, cela nous paraissait vraiment essentiel dans notre formation, d’initier déjà ces réflexions et de réfléchir justement à la manière dont les journalistes vont être amenés à produire pour ces supports là.

En quoi consistent clairement ces cours de « journalisme mobile » ?

Les cours sont articulés autour de trois dimensions. La première chose qui a été réalisé durant le premier semestre, c’était pour les étudiants de deuxième année, de concevoir une application mobile, liée au site de la formation, Webullition. Ce qui était très important pour nous, c’était justement de réfléchir à la conception en amont d’une application, pas forcément sur les questions techniques – même si il y en avait – mais plutôt commencer à projeter des questions telles que « quel type de contenu ont met sur une application mobile ? », « qu’est ce qu’on peut reprendre du site ? », « qu’est ce qu’il faudrait retravailler ? » etc…

La deuxième étape, ça va être bien sur d’alimenter cette application, donc là, ce sera davantage centré sur l’écriture, l’éditorialisation spécifique au mobile. En effet, pour ce dernier fait, on part du principe que le mobile ne doit pas répliquer ce que l’on créé pour le web.

La troisième étape, c’est d’aborder la question de la mobilité, mais à travers la production journalistique cette fois. On veut donc faire travailler nos étudiants sur la production d’information en mobilité, avec des supports mobiles.

Pensez-vous à titre personnel et en tant que chercheuse, que les supports mobiles sont le « nouveau journalisme »

Alors « nouveau journalisme » non, les fondamentaux du métier restent les mêmes, le web n’a pas totalement révolutionner les fondements du journalisme. En revanche, ce sont très certainement des nouveaux moyens d’expressions, pas juste des nouveaux supports ou tuyaux. Et donc cela doit amener à des réflexions sur les pratiques journalistiques et sur les formats. On peut imaginer que le mobile sera très certainement le support dominant d’accès à l’information dans les prochaines années.

Pour aller plus loin:

Retrouvez également Nathalie Pignard-Cheynel dans cet autre article, traitant de son étude sur les alertes push effectuée avec Arnaud Mercier.

Pour la suivre : Twitter

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