Un magazine qui fait bande à part

Qui a dit que magazine et tablette étaient deux choses indissociables ? Un magazine français a relevé le défi et lancé « Bande à part » en 2013. Avec des contenus conçus exclusivement pour être visualisés sur une tablette. Un pari fou ? Peut-être pas…

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert l’existence d’un magazine conçu spécialement pour une tablette. Une première en France ! Ce fameux magazine s’appelle « Bande à part » et a été lancé en 2013 à Strasbourg. Financé exclusivement par la publicité, ce mensuel dédié au 7e art est gratuit et offre une navigation toute particulière. Ici, on joue à 200% avec les fonctionnalités de la tablette. Les animations ne sont pas juste là pour le plaisir, elles servent réellement à apporter quelque chose aux lecteurs. A la manière de la Presse+ au Québec. Ici, on mise sur des contenus de qualité afin de donner l’envie aux gens d’investir sur tablette plus tard, si nécessaire.

Cette idée toute particulière est venue de la rencontre de deux personnes, deux journalistes aux parcours atypiques qui n’avaient qu’une ambition : réinventer une nouvelle façon de parler du cinéma. Mais en 2012, impossible pour Anne-Claire Cieutat et Fouzi Louahem de s’exprimer comme ils l’entendaient. C’est alors que Fouzi Louahem découvre le potentiel de l’iPad et que « Bande à part » vit le jour. L’idée ici, c’est de considérer la tablette comme « une boite à malice de supports qu’on actionne du bout des doigts » tout en racontant des histoires de cinéma, de manière inventive et interactive. « Bande à part » possède ainsi toutes les qualités nécessaires pour toucher le lecteur depuis sa tablette. Un concept ludique et interactif qui fait mouche.

« Notre credo ? Inventer, inventer et inventer encore »

Onze rédacteurs, six graphistes, une rédactrice en chef. Et dans cette équipe, tout le monde sait tout faire. Des vidéos, du son, des textes, de la mise en scène… Les journalistes de « Bande à part » ont un esprit créatif très développé, qualité essentielle pour ce magazine. Au quotidien, la vie de la rédaction se déroule comme dans n’importe quel journal. Avant chaque sujet, les journalistes se concertent avec les graphistes afin de trouver les bons outils pour raconter au mieux les histoires voulues. A « Bande à part« , on veut parler de cinéma de la manière la plus originale possible et toutes sortes de concept sont utilisés afin d’y arriver. « Malheureusement les journées ne font que 24h alors que nous avons des tas d’idées à revendre. Notre credo : inventer, inventer et inventer encore ».

Le modèle gratuit ne fait pas peur à l’équipe, qui vit au jour le jour. En effet, en France, peu de personnes ont le réflexe de payer pour des contenus sur tablette. « Bande à Part » s’est donc logiquement décliné en format gratuit mais rien n’interdit qu’il passe au payant un jour, si les usages en France se mettent correctement en place. Pour l’instant, le magazine mise sur la qualité, espérant fidéliser ses lecteurs, toujours plus nombreux.

Posted by Sophie Wiessler

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